Se trouver pour mieux s’aimer

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Plusieurs de mes amies ont déjà fait des remarques concernant mon célibat ces derniers temps. Toutes apprêtées d’une différente manière, ces remarques sous-entendaient une seule et même chose : « Tu dois donc ben être tannée d’être seule depuis tout ce temps. »

En songeant à cette idée, je me suis rendu compte qu’être célibataire un certain moment pouvait être synonyme de déception, d’échec et même de rejet pour certains. Malgré tout, j’ai très rarement entendu cette version en ce qui concerne les gars. Dans notre société, l’homme serait donc célibataire par choix tandis que la femme le serait parce que personne ne veut d’elle? Nah, nah, nah. Cette image m’a plutôt agacée, dans le même genre que lorsqu’on me dit : « Pourquoi tu t’achètes des beaux sous-vêtements si t’as personne à qui les montrer? » ou lorsqu’un gars me dit : « T’es drôle pour une fille. »

Tout est relatif, bien évidemment, mais on ne va pas se le cacher; il y a toujours une certaine pression qui se fait sentir de notre côté à nous, les filles. On peut toutes se remémorer la classique réunion de famille où une tante venait nous dire : « Piiiiiiis? T’as tu un p’tit chum là? »

Ce que j’ai appris au cours des dernières années, c’est que pour être bien en couple, il faut avant tout être bien avec soi-même. Ce n’est pas pour rien que des « nomades » des relations amoureuses se retrouvent très souvent insatisfaits. Enchaîner des relations plasters après des relations plasters ne fait que combler un vide qui demeurera toujours un peu présent.

C’est un drôle de paradoxe : on prône l’individualisme, mais face à la solitude, on reste confus, même inconfortable. On souhaite garder une certaine liberté et ne pas s’engager, mais on cherche tout de même à vivre l’amour en petites parcelles, du moins pour contenter notre estime personnelle et se sentir un peu moins seul.

Pour moi, être célibataire, c’est de vivre une solitude désirée et assumée, parce que non, je ne ressens pas le besoin irrépressible de trouver quelqu’un. On associe trop souvent le célibat à un « passage » obligé. On le perçoit comme un entre-deux; je le vois davantage comme un état propre au cours habituel des choses, normal quoi.

Je n’ai jamais vraiment adhéré au fait que l’on trouve « notre autre moitié ». L’explication est simple : on est tous des individus à part entière, et non la partie d’une autre personne. La définition même d’un individu est que ce dernier ne peut pas être divisé sans perdre ses caractères distinctifs. En gros, reposer ses occupations, ses intérêts, ses aspirations sur quelqu’un, c’est comme parler de sa passion pour les chevaux, c’est correct jusqu’à un certain point.

Je ne suis pas contre la vie de couple, loin de là. Je pense tout simplement qu’il faut préserver un équilibre dans tout ça, rester fidèle à nous-mêmes et apprivoiser la solitude pour mieux l’apprécier.

Nos cœurs sont fatigués, alors il faudrait dédramatiser, se déculpabiliser et arrêter un peu de chercher. Non, on ne trouve pas l’amour : on y croit, on y rêve, on le découvre, on le vit.

Pis ça peut être vraiment beau.

Que ça prenne 1 an, 2 ans, 7 ans avant de se caser, ou que ça ne se produise jamais, je n’y vois pas de problèmes.

Le célibat, c’est une liberté, pas une calamité, tsé.

Crédit photo de couverture: Moonassi

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